Nous avons grandi en ville, dans des familles, aux origines paysannes.
Nos pères cultivaient des parcelles dans des jardins familiaux et enfants, nous passions nos vacances dans les fermes au pays : en Aubrac et dans l’Aude pour Emma et du coté de Marrakech et Casablanca pour Khalid… Devenus adultes, nous nous sommes éloignés de la terre, pour y revenir au moment de devenir parents nous-mêmes.
Nous avons depuis toujours eu un lien fort avec la terre, nous fournissant auprès de coopératives paysannes (type AMAP) depuis plus de 20 ans, visitant et partant en séjours dans des fermes, et surtout jardinant passionnément aussi bien pour nous nourrir que pour satisfaire notre besoin de beauté et de contact avec la nature.






Nos pratiques jardinières ont évolué vers un respect toujours plus grand de la faune et de la flore des jardins et des écosystèmes, nous nourrissant de lectures, de rencontres, d’expérimentations et d’observations pour parfaire nos connaissances.
Nous avons décidé en 2016 de nous installer sur l’île d’Oléron pour développer un projet de verger en permaculture et d’accueil en gîtes. Découverte en 2018, nous avons acquis la ferme en 2019 et avons immédiatement réhabilité le bâti existant et créé le jardin où viticulture, ostréiculture, potager, poulailler n’étaient plus qu’à l’état de traces.
Nous avons souhaité obtenir le label Accueil Paysan car les valeurs portées par ce réseau sont pour nous fondamentales. Nous souhaitons, par l’accueil, donner accès à la vie paysanne, ouvrir les portes des fermes et valoriser le travail respectueux de la terre, garder le contact avec la terre et les hommes qui la travaillent.
« Je viens d’un milieu agricole, chez nous on a toujours fait les légumes. Mes grands-parents vivaient déjà en semi-autarcie. A l’époque, on appelait ça une ferme ».
Bouli Lanners
Nous créons un jardin nourricier (verger et potager) dans une ancienne ferme oléronnaise. Nous avons minutieusement pensé la conception du jardin dès le début du projet et pour cela nous avons sollicité l’agence Terre Permaculture pour nous aider à concevoir et réaliser le design.
Tous les paramètres ont été pris en compte :
– la pluviométrie
– le climat de l’île
– l’orientation du soleil et des vents dominants
– la nature du sol
Ainsi est né un jardin en « fer à cheval » où la végétation étagée permet à chaque plante de profiter de la lumière : des arbres fruitiers, des arbustes productifs, des plantes potagères, des fleurs cohabitent et se complètent.
Nous faisons le pari de ne pas irriguer. Un seul arrosage lors des plantations et semis et puis plus rien.
Les gouttières de tous les bâtiments présents sur le terrain sont connectées à un réseau de fossés (swales) que nous avons créés et qui permet de répartir l’eau sur le terrain et au pied des cultures lorsqu’il pleut.
En revanche, nous prenons soin de couvrir la terre de tous les paillages végétaux disponibles pour conserver l’humidité, permettre aux organismes vivants qui constituent le sol de prospérer et créer de l’humus.
Le principe directeur a d’abord été … le plaisir ! Qu’avons-nous envie de manger, de voir pousser ? Puis nous avons cherché les pépinières à même de répondre à plusieurs critères : variétés locales, adaptées à notre climat et notre sol, productions biologiques …
Nous avons d’abord contacté le Conservatoire Végétal Aquitaine, dans le catalogue duquel nous avons choisi les 37 premiers arbres fruitiers que nous avons planté à l’hiver 2020-2021. Abricots, pêches, prunes, coings, figues, amandes, noix, pommes, poires, cerises, grenades, raisin : des scions d’un an, à racines nues sur porte-greffes adaptés. Pour tendre à un équilibre entre ravageurs et prédateurs, et parvenir à une résilience, nous plantons des variétés très diverses, aux fructifications étalées dans le temps.
Entre les fruitiers, nous avons planté des arbustes fixateurs d’azote pris dans la pépinière Le Jardin d’Emerveille.
Enfin, à l’automne 2021, nous avons planté une vingtaine d’espèces plus frileuses choisies à La Maison du bananier, et nous continuons de planter au gré de nos envies et rencontres (Péninière Vessières, Pépins perdus …).
Lors du creusement des fossés, nous étions inquiets de ne pas rencontrer de vie dans le sol : pas de vers de terre, pas d’insectes …
Au bout d’une année de travail de la terre, sont revenus vers de terre, cloportes. Nous rencontrons aujourd’hui avec plaisir abeilles, chrysopes, libellules, papillons, coccinelles, araignées, chenilles, vers luisants, grillons, mantes religieuses … Mais aussi oiseaux, batraciens (crapauds, grenouilles), reptiles (lézards, couleuvres), hérissons, mulots, musaraignes …
Nous avons beaucoup de joie de voir la faune se reconstituer autour de nous.
Bien qu’éprouvant de l’intérêt pour une certaine autonomie (alimentaire ou énergétique), nous ne nous reconnaissons pas dans des projets de complète autarcie. Au contraire, nous souhaitons rencontrer des gens, qu’ils partagent ou pas a priori nos sensibilités.
Si l’idée de cet accueil est venue, c’est parce que nous pensons qu’il est possible d’introduire à grande échelle des concepts et des outils non contraignants qui améliorent nos vies :
©2024 L’accueillette d’Oléron